~ Eiki Naruto ~
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Xion Leifoh
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MessageSujet: Souvenirs x Sentiments   Sam 2 Fév 2008 - 3:56






La journée commençait…
Enfin, juste avant ça, j’avais eu droit à un rêve, dont je me souvenais étrangement bien…
Bon, je vous le raconte… même si vous risquez de vous moquer de moi… je suis désolé, mais mes rêves sont d’un drôle de genre, et n’ont jamais ni queue ni tête…
Bon, je me lance…

Je courrais… je courrais longuement dans la forêt, et au bout d’un moment, je rencontrais le sale type qui avait enlevé Celestia… et… je le massacrais… totalement…
Alors ma petite sœur apparaissait, et on rentrait tous les deux à la maison de Kou… Mais Celestia disparaissait lorsque l’on croisait une araignée…
J’avais eu peur, et je l’ai écrasée… et alors Kou est arrivé, et m’a mis une correction en me criant qu’il était interdit d’écraser les araignées, surtout devant une enfant…
Je m’excusais, et Kou s’en allait en courrant… étrange lui…
Je rentrais à la maison, et je tombais sur Blanc-Neige et Yoko, qui se battaient pour moi, et je peux vous dire que la bagarre était sexy…
Mais avant d’avoir eu le temps d’en profiter vraiment, mon sommeil s’achevait…
Pas de bol !

J’ouvrais donc les yeux, ayant une vue sur… sur Yoko, en pyjama, à moitié allongée sur moi…
Ah… j’avais oublié ça…
Hier soir, enfin… une fois que je dormais déjà, la gamine était venue avec sa mystérieuse phobie de l’orage…
Premièrement, j’étais trop dans le gaz pour l’envoyer bouler, et pis… non, c’était peut-être vrai, et je pouvais pas la laisser comme ça… je savais ce qu’une phobie pouvait provoquer chez les gens… et Yoko était de la famille, elle méritait au moins ça !

Mais bon, là elle me gênait un peu pour me lever…
Je l’observais un peu… très sexy cette pose, à moitié étalée sur moi, la bouche ouverte, il te manque plus que la bave aux lèvres pour compléter le tableau Yok’…
Mais je m’estimais chanceux qu’elle porte cet espèce de pyjama difforme… Parce que même si elle pouvait être une peste, collante et énervante, elle avait quand même un corps de plus en plus affirmé, et qu’il était dur de ne pas regarder parfois, et… j’avoue que si elle était venue ici en petite tenue, j’aurais eu nettement plus chaud au cours de la nuit précédente, et mes rêves auraient certainement été plus dérangeants encore…

Mais il n’en était rien, et je m’en félicitais… ou l’en félicitais… ? enfin, je félicitais quelqu’un !
Bon, fallait que je me lève, j’irais faire un tour dehors tranquille vu qu’il était tôt…
Mais impossible de bouger avec Yoko sur moi…
Sans ménagement, je la repoussais, prenant bien soin à ce qu’elle tombe par terre…
Comment ça j’étais sadique ?
Pas du tout ! C’était accidentel sûrement…
En tout cas, la peste commença à ronchonner… Pas possible, dès le matin, elle était de sale humeur !
Comment ça c'était ma faute ?!
Et pourquoi pas dire que j'étais à l'origine des guerres ninjas et des conflits du monde entier aussi ?!
La mauvaise humeur de cette peste, c'était naturel, rien à voir avec moi...



« - Chio-kou… » bougonna-t-elle.
« - …Chiokou… ? » répondis-je intrigué.
« - J’ai dit…. Xion-kun ! » se reprit-elle l’air énervé.
« - Tu parles dans ta barbe aussi… euh, mais oui, c’est moi, quoi d’neuf Yoko-chan ? » continuais-je avec un grand sourire.
« - …t’es chiant… j’étais bien dans les bras de Morphée… » reprit-elle rêveuse.
« - Non, là t’étais dans mes bras à moi, rien à voir avec Morphée… » sifflais-je l’air de rien.
« - …bah non c’était pas terrible en fait… » ronchonna-t-elle en me tirant la langue.
« - On verra ça au prochain orage… » lançais-je l’air de rien.
« - Non, c’était super ! J’rigolais avant hein ! » se reprit-elle finalement, apparemment prise de court.


De mon côté, je m’étais levé pendant la conversation, et j’étais maintenant fin prêt à sortir de la chambre, alors que Yok’ arriva et m’entoura de ses bras, comme pour se faire excuser ses paroles d’il y a quelques instants…
C’était une vraie gamine parfois… souvent en fait…
Bah elle était encore jeune, et… on la ménageait pas la pauvre !
Alors bon, on allait pas lui reprocher d’être une grande enfant en certaines occasions… Et puis c’était mignon qu’elle vienne vous faire un câlin comme ça pour faire oublier ses bêtises, presque adorable… si on ne connaissait pas son caractère de feu naturel !
Elle me fit ensuite un grand sourire, avant de retourner s’allonger dans mon lit, y tombant comme une masse…
Quel bébé !

Mais bon, en avant, j’avais prévu d’aller piquer une petite tête au lac, ça me ferait pas de mal de bon matin comme ça…
J’étais descendu de la chambre, et étais tombé sur Papa, déjà réveillé depuis longtemps apparemment… disons qu’il n’avait pas la mine que les gens ont habituellement au réveil…
Direct, je m’asseyais à la cuisine, juste à côté de lui, avec ce sourire qui faisait ma marque de fabrique, un sourire que j’affichais sans même m’en rendre compte, à l’aube d’une belle journée comme celle-ci.
J’engageais alors la conversation avec le vieux.



« - ‘tousan ! Comment va ? »
« - Moi ça va mais… c’est plutôt à moi de te demander ça… pas trop collante Yoko cette nuit ? » dit-il en éclatant de rire.
« - C’est ça, rigole… la prochaine fois, je te l’amène dans ta chambre, tu feras moins le malin ! » rétorquais-je l’air boudeur.
« - Non, ça la ferait pleurer encore plus vite ça ! » me répondit-il, toujours rieur.
« - … J’ai pas de solution alors… » repris-je, abattu.
« - Tu peux toujours essayer de prier pour qu’il n’y ait plus d’orages… » conclut-il l’air triomphant…


Quel enfoiré !
Il se moquait ouvertement de moi, et… là, il m’avait complètement mis au tapis…
Kou : 3, Xion : 0…
Une raclée verbale… ça changeait des coups qu’il me mettait quand j’étais jeune… si, ça arrivait encore maintenant, mais j’étais devenu un adulte si irréprochable que ça arrivait très très rarement…
Yoko en prenait bien plus… et c’était hilarant d’ailleurs !
Bon, vaincu, je décidais de me rendre à ce fameux lac pour me baigner un peu…
Je sortais en vitesse de la maison, et faisais quelques exercices juste devant pour me mettre en jambe, et hop, ni une, ni deux… drôle d’expression d’ailleurs, je partais vers l’étendue d’eau.
Un chemin pas très long dans la forêt, quelques insectes me volant dans les plumes, et j’arrivais à destination…
L’eau était cristalline, elle brillait, c’était… magnifique !

Je jetais rapidement mes vêtements et plongeais dans le lac…
Oulà, elle était fraîche !
Mais c’est fou ce que ça faisait du bien… Et ça pour réveiller, ça réveillait !
Pfouuuuu !
J’étais donc là, en train de barboter, comme un bébé, dans cette jolie eau matinale, à demi allongé, observant le ciel…
Ah ! Que j’étais bien là !
Il ne manquait que… je sais pas moi… une jolie fille ?
A peine cette idée avait-elle traversé mon esprit qu’une douce voix retentit derrière moi…



« - Oh, un beau jeune homme en train de barboter… »


Naniiiii ?!
Je trébuchais… autant qu’il est possible de trébucher dans l’eau, au son de cette voix dans mon dos, et je manquais de boire la tasse, dans un mouvement pas très gracieux, avant de m’engouffrer malgré moi sous la surface… puis de ressortir avec mon légendaire sourire, face à la personne en question…
Blanc-Neige Fubuki, la princesse…

L’eau m’arrivait au nombril… heureusement d’ailleurs parce que je ne portais rien du tout, et je me retrouvais donc face à elle.
Je regrettais déjà que nos positions ne soient pas inversées, mais ne me privais pas pour autant de lorgner discrètement le corps délectable de la jeune fille…
J’étais bien décidé à ne pas en rester là et à riposter à sa remarque, et c’est pourquoi je l’observais avec un regard rieur…



« - Je sais que tu rêves de me voir nu Blanc-Neige, mais je vais te demander d’attendre un peu avant d’avoir droit à ce spectacle… » rétorquais-je, avec une mine à la fois hautaine et désabusée, qui donnait à coup sûr envie de rire.
« - Suis-je donc si prévisible ? » répondit-elle, d’un air faussement abattu.
« - Mais oui, je lis en toi comme dans un livre ouvert… » poursuivis-je sur le même ton.
« - Bon, quand t’auras fini de dire des bêtises, tu pourras peut-être te rhabiller… » lança-t-elle en laissant échapper un léger rire.

Je retrouvais alors un air plus naturel, légèrement gêné, et me passais une main derrière la tête…

« - Tu marques un point là… Allez, tourne-toi que je sorte de l’eau… »


Sans traîner, elle se retourna, et sans perdre de temps, je sortais, enfilais mes vêtements, et me retrouvais à nouveau… habillé.
Ça ne faisait pas de mal, surtout face à une jolie fille comme elle…
Je pensais avoir plus de consistance couvert que… découvert !
Je rejoignais alors la princesse, mon sourire le plus charmant aux lèvres…



« - Alors princesse, tu venais chez nous ? » la questionnais-je.
« - Oui, j’avais envie de vous voir, et... il y a rien à faire au château, alors autant venir vous aider ! » répondit-elle, en tressaillant.
« - Bon choix ma chère, allez, allons-y ! » lui lançais-je avec un clin d’œil.


On se mit donc en route vers ma maison… Ramener cette fille à la maison, quelle classe hein !
Elle avait de nombreux atouts, dont ceux d’être une princesse, d’être magnifique, et d’être aussi terriblement sexy. Un joli tableau hein.
Au-delà de ça, c’est une personne très gentille et vraiment à l’écoute des autres… Elle fera une très bonne reine dans le futur… pourvu qu’elle ait un roi à la hauteur…

On arriva donc devant la maison, et Blanc-Neige alla saluer Papa à l’intérieur. Moi j’attendais dehors, préférant ne pas croiser monsieur le moqueur, qui, je le sentais, devait encore rire de ses blagues du matin… qui n’avaient pas été mauvaises je le reconnais quand même…
Lorsque tout à coup, j’entendis un :
« NANIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII ?! »
Ça venait de l’intérieur et… c’était la voix de Yoko…
Qu’est-ce qu’il y avait cette fois ?


Je ne savais pas, mais Blanc-Neige ressortit la première, annonçant qu’elle n’avait elle-même pas compris le cri qu’avait poussé la jeune fille en la voyant…
Intrigant tout ça…
Elle n’aurait pas attrapé la Blanc-Neigeophobie, la princessophobie ou un truc du genre j’espère !
La jolie fille aux cheveux blancs était prête à m’aider pour aller s’occuper des champs, mais quelqu’un sortit de la cabane… Papa…
Il levait les yeux vers le ciel en hochant la tête, et me tapota sur l’épaule, avant de partir vers les champs en me laissant un mystérieux…



« - Bonne chance Xion… je sens qu’on va encore rire aujourd’hui » puis il s’esclaffa en continuant son chemin vers les champs.


Qu’est-ce qu’il voulait dire cette fois ?!
Je sentais que si lui allait rire, pour ce qui est de moi, je risquais de me retrouver dans une sale position…
C’était souvent ça…
Lorsqu’il riait de quelque chose, j’étais souvent le dindon de la farce…
Et là, je soupçonnais que les draps dans lesquels j’allais me retrouver allaient être très… très sales…

Et je compris rapidement ce qu’il voulait dire…
Yok’ sortit de la maison à son tour…
J’ai vu immédiatement à son air qu’elle était jalouse, pas besoin d’être devin pour le prédire.
Elle faisait à moitié la tête, et elle passa sans même nous adresser un regard, rejoignant le champ…
Quelle peste !
La prochaine fois je te mets une fessée ma fille, même là, devant tout le monde !
Non mais ! Suis pas ton jouet d’abord !
Je lui tirais la langue au passage, bien qu’elle ne m’aie certainement pas vu, et partais en direction des champs moi aussi derrière elle, aux côtés de Blanc-Neige, qui semblait légèrement nerveuse… normal là…

On se mit finalement tous au travail, dans la joie et la bonne humeur… enfin… dans la joie, si, parce que c’était à la fois étrange mais hilarant cette situation… pour ce qui est de la bonne humeur, il y en avait une qui semblait en être dépourvue parmi nous, et j’ai nommé… Yoko !!!
Elle ronchonnait toute seule, un peu à l’écart de nous… quelle boudeuse celle-là !
Mais généralement, ça lui venait aussi rapidement que ça repartait… suffisait d’attendre… de laisser passer l’orage… l’orage tiens… on en revenait là…

Papa se marrait à moitié dans son coin, et moi, je proposais en douce à Blanc-Neige de se rapprocher de Yok’, afin de tenter de sympathiser…
Oué, ce serait moche de les voir se battre sans arrêt, alors fallait tenter un petit quelque chose…
Les deux se rapprochèrent l’une de l’autre, et au bout de quelques minutes, je n’entendais plus que des chuchotements, et des petits rires tout en me gratifiant de sourires qui sonnaient presque faux…

Bravo !
Je me bats pour les rapprocher, et lorsqu’elles ont un vrai échange, c’est semble-t-il pour se moquer de moi… sympa les filles…
Papa riait de plus belle, et je le soupçonnais d’entendre quelques-unes de leurs répliques…
Non Papa, ne tombe pas du côté obscur de la force, reste avec moi ! … Je suis ton père…
Oulà, je déraille moi !
En tous les cas, la petite compagnie était là, travaillant avec entrain et bonne ambiance, par cette belle journée ensoleillée, ne se doutant pas le moins du monde de ce qui était sur le point de bouleverser nos vies à tous… et plus particulièrement la mienne…

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MessageSujet: Re: Souvenirs x Sentiments   Dim 3 Fév 2008 - 16:23

Mal… J’avais mal… vraiment mal…
Chaque parcelle de mon corps me faisait souffrir et pourtant… pourtant je continuais, incapable de m’arrêter… incapable de… me maîtriser…
Voilà au moins une chose qui ne changeait pas…

J’avais… pris beaucoup de vies cette fois…
Je devenais forte… trop forte…
Quelques mois auparavant je n’aurais jamais pu faire un tel… carnage…
Il faut appeler un chat, un chat n’est-ce pas ?
Alors oui, il s’agissait bien d’un massacre…

Au centre de cette hécatombe, je n’avais cependant rien ressenti d’autre que ce soulagement intense… et ce besoin de fuir avant que mon créateur ne mette son projet à exécution…
Je ne voulais pas m’endormir moi aussi…
Ce… n’était pas normal, bien sûr… J’aurais du… J’aurai du avoir peur, être horrifiée et paralysée par la culpabilité mais en vérité je n’avais même pas eu le temps d’examiner l’ampleur de cet « incident »…

Mon esprit semblait anesthésié, relégué au second plan…
Je n’étais pas maître de moi…
Oh ce n’était pas la première fois… loin de là…
J’étais trop faible… et l’arme trop puissante…
Décidemment, je…n’évoluais pas du tout…
Je restais la même et je…

Ahhh ! Non ! C’était trop insoutenable, trop… Ah…
Je… Ma tête allait exploser… Il n’y avait plus de doute…
Tasukete…
Je… Est-ce que j’allais mourir ? Casser… comme Zero, Hachi et Roku ?
Non, je… je voulais vivre !

… Idiote… J’étais une idiote…
Tout le monde voulait vivre… Personne ne voulait mourir…
Et… ceux que j’avais tué ne faisaient certainement pas exception…
Ils avaient fais comme moi… ils s’étaient battu jusqu’au bout pour survivre…
S’étaient accrochés à la vie, à cet espoir jusqu’à la dernière seconde probablement…
Malheureusement nous ne naissions pas tous pourvus des mêmes capacités, des mêmes armes et je… j’avais été plus chanceuse…
J’avais gagné ce combat, il avait perdu le leur…

Nana aussi… Elle avait toujours été si faible…
Malgré ça, je… l’appréciais relativement…
Elle n’était pas méchante… juste inconsciente… comme moi autrefois…
Avec ses deux vecteurs… Elle n’avait eu aucune chance…
Ou plutôt… je ne lui en avais pas laissé…
J’aurais pu aisément la neutraliser… mais il avait fallut que je la tue… évidemment…
Hidake le disait : De tous, j’étais actuellement la plus puissante…

Je me débattais… avec une véhémence certaine mais… c’était en vain…
Une bataille que je n’avais jamais pu gagner…
Mon mode défense s’était à peine désactivée que…
J’avais eu un disfonctionnement qui avait instantanément enclenché le mode de combat…
Je ne peux expliquer pourquoi… Je ne comprenais pas moi-même…
Ma propre enveloppe était bien trop complexe…
Aussi regardais-je les choses se produire de loin, à travers un voile épais que je ne pouvais déchirer, juste à demi-consciente de ce que je faisais réellement…

Le sang battait violemment dans mes tempes… et mes jambes me portaient toutes seules, contre ma volonté, filant… effectuant de grandes enjambées rapides… D’une rapidité telle que je ne m’en savais pas capable…
Combien de temps que je courrais ainsi ? Je l’ignorais…
Il me semblait avoir vu le soleil se lever à deux reprises déjà…

Les paysages défilaient devant moi, si différents mais… pour moi tous semblables…
En forêt… Actuellement, j’étais dans une dense forêt aux sentiers peu abordables…
Les arbres se suivaient, à l’identique… Leurs troncs noueux, leurs branches épaisses et leur imposante ramure qui paraissait vouloir rivaliser avec les Dieux…
Des chênes, des bouleaux, des frênes et des hêtres…
Après il y avait les ronces et leur sordides et vicieuses épines qui déchiraient ma chaire en ricanant, ravies de leur mauvais tour… arrachant au passage des morceaux du tissus bleuté, régulièrement tâché de rouge, de la robe, à présent en lambeaux, que je portais…
Puis les racines perverses qui me tendaient des pièges judicieux, désireuses de me faire tomber et de me voir ne plus me relever…
Et la faune sauvage qui me lorgnait de loin, fuyant sur mon passage, mais qui veillait possessivement sur son foyer…

Un humain « classique » se serait effondré depuis longtemps déjà mais moi…
Je ne m’étais pas arrêtée une seule minute… et je devais admettre que cette fois je fatiguais…
Je n’irais plus très loin à ce rythme là…
Robot ou non, ce corps avaient des limites et je n’allais pas tarder à les atteindre…
Néanmoins, j’avais beau en être certaine je ne pouvais absolument rien faire…

Je m’imposais cette course effrénée…rien ne m’ayant encore permis de désactiver cette fonction et de me mettre en veille…

Des plaies s’étaient formé partout sur ma peau, parfois graves parfois plus superficielles…
Ce qui me faisait le plus souffrir était sans conteste mes plantes de pieds, laissées à vif et qui saignaient abondamment depuis plusieurs heures, rendant chaque pas pénible et m’extorquant des grimaces de douleur…

Et mon crâne aussi… Sans doute avais-je trébuchée et m’étais-je cognais brutalement la tête…
Oui, je… J’avais du heurter un rocher ou quelque chose du même genre car une plaie béante et plutôt vilaine s’y dessinait, passage inespéré pour mon liquide vital, composé en grande partie de sang humain et d’un fluide étrange dont la nature m’échappait, qui prenait à malin plaisir à entraver mon champ visuel…

Heureusement mes capacités de l’instant, changeantes suivant les fonctions activées, me permettaient de ne ressentir tout cela que de façon minime…
Le plus dur restait à venir… en retrouvant mon état normal la souffrance reprendrait son intensité réelle… enfin, si du moins je redevenais « normale » un jour…

Normale un jour ? Non, ça c’était bien impossible… Je ne pourrais jamais devenir pleinement humaine… mais je pouvais déjà retrouver les prérogatives de mon corps… c’est ce que j’entendais par normal en vérité…

J’aurais… préféré entrevoir tout ça, vous savez…
Me projeter dans un avenir proche et me dire que j’allais trouver le moyen de détruire l’arme en moi…
Toutefois j’avais appris que c’était moi…, ce que j’étais, tout simplement… ma nature…
Je ne l’avais pas choisi et je ne pouvais en changer…
Si je n’avais pas été une arme, je ne serais jamais venu au monde…
Si je n’étais plus une arme, je n’avais plus aucune raison d’être… ni plus aucun moyen de me protéger de la cupidité des hommes…

Parce qu’il y avait sans doute toute une troupe envoyée à mes trousses à l’heure qu’il était…
Ils n’étaient pas prêt à laisser filer une arme de ma qualité, comprenez le bien… mais moi, en revanche, je n’étais pas prête à les laisser se servir de moi ainsi…
J’avais déjà trop donné de ma personne…
J’étais une arme certes, je ne pouvais que l’accepter, mais dorénavant ce serait à moi et seulement à moi de choisir mes cibles…
Je disais adieu à la soumission !

Mais avant tout je devais sortir de cette transe et malgré tous mes efforts je n’y parvenais pas…
Mon esprit était englué, assommé aux pieds d’un instinct que je peinais toujours à gardé enfoui…
J’étais une spectatrice impuissante, réalisant à peine ce que j’étais en train de faire…
Je bougeais oui, mais j’avais cette désagréable impression, celle d’être comme droguée…
Et je fuyais mais… pour aller où ? Où ce fichu corps allait atterrir ?
Mystère…

Etrangement, lui il paraissait le savoir… mut par une puissance supérieure vers une destination qui m’était encore inconnue mais que lui paraissait déterminer à atteindre…
Peut-être avais-je été programmée pour me rendre dans cet endroit nouveau sous certaines conditions que mon « cerveau » croyait réunies…
Je ne le saurais sans doute jamais mais plus j’approchais plus mes visions se faisaient nettes… douloureuses…
A cet instant non seulement ma tête mais… ma poitrine aussi… me faisaient mal…

Oui, décidemment, le pire c’était, plus que la souffrance physique, ces flashs indistincts et ces voix suppliantes, lancinantes, mais déformées… qui résonnaient dans ma tête et me rendaient folle…
C’était brouillé, virulent, effrayant et paradoxalement bouleversant…
Comme la pellicule d’un vieux film regardé trop souvent… dont la tonalité et les couleurs ne ressemblaient plus du tout ce qu’elles avaient été à l’origine…

Je voyais une fillette, c’était moi mais … non, ce n’était pas moi…
Je n’avais jamais eu un tel corps, je n’avais jamais été enfant… alors… Qui était-ce ?!
Pourquoi ?!
Il y avait cette tombe et cette main… sur mon épaule… Je voulais voir le visage de son propriétaire mais… je pleurais tellement…
Je… pleurais ? Que voulait dire pleurer ? Ce…


~ « - Allez viens, Celestia… » ~

Encore ce nom ! Mais bon sang, qui était-ce ?! CELESTIA !!!!!!
Je… Je ne comprenais pas…

L’odeur du sang ne s’atténuait pas… et cela me faisait lentement basculer dans un émoi anormal…
J’en étais recouverte… mais… ce n’était pas le mien… du moins en grande partie… car si je saignais c’était plutôt celui de mes victimes qui avait malencontreusement éclaboussé mon visage, mes bras et mes vêtements…

Ils… Ils avaient croisé mon chemin, c’était là leur seul crime… Vraiment… Vraiment, c’était le comble de la malchance, non ?
Mais au moins… ils n’avaient pas souffert… Maintenant, je… je savais bien viser… un seul petit coup et s’en était finit…
La vie était si fragile… Elle ne tenait… vraiment qu’à un fil !
C’est drôle, n’est-ce pas ?

Tout s’éteignait, dans leur regard… L’obscurité reprenait sa place, ses droits…
Bizarre de se dire que l’âme n’est protégée que par un peu de peau et d’os…
C’était si facile de l’atteindre…
Les rêves, les espoirs, les souvenirs, les peurs… Il ne restait plus rien…
C’était… si simple de les briser définitivement…
Un mouvement et… adieu…

Je dois dire qu’il est grisant de savoir que l’existence d’un être ne tient qu’à vous…
Misérable et inutile fourmis, pourtant unique et irremplaçable, au cœur d’une fourmilière grouillante, polluant le monde…

De nouveau… et pour l’énième fois depuis mon départ… j’aperçus Hidake devant moi qui me scrutait l’air mauvais…
Mon corps plus rapide que mon esprit, se rua sur lui… avec la complicité bienvenue de mes vecteurs…
Mais il se volatilisa me laissant pantelante plus épuisée encore…

J’étais… seule…
En réalité, il n’avait jamais été là, ce n’était qu’une hallucination, mais comment faire comprendre ça à l’arme que j’étais ?
Moi je l’avais réalisé en le voyant revenir encore et encore…
Fantômes, démons de mon imagination… Souvenirs matérialisés…

C’était si troublant ! Je… n’en pouvais plus mais mon corps n’avait aucune considération pour mon ressentit…. Logique…
Les égratignures se multipliaient et si je n’avais absolument pas l’air essoufflé, mon énergie faiblissait dangereusement…

Peu à peu la flore changea, les arbres s’espacèrent…
J’étais sortie des bois mais… rien en moi ne bougea…
Ce corps n’était toujours pas satisfait…
Et une phrase, toujours la même, rebondissait sur les parois fragiles de mon esprit en déroute sans me laisser de répit : « Attends-moi ! S’il-te-plaît, attends-moi ! J’arrive ! »

Bientôt le sol se transforma lui aussi et je pus apercevoir des étendues dorées… et verdoyantes…
Je n’avais encore jamais vu ça mais pas le temps de se laisser déstabiliser ! Je n’étais pas encore arrivée au but… Encore un peu…
Je le sentais… Il n’y en avait plus pour très longtemps…
Et si je me trompais et bien… tant pis… je disparaîtrais ainsi…
Inutile d’en être révolté…
Les choses n’arrivent pas sans raison et… ce ne serait que justice au fond…
Les âmes damnées que j’avais envoyé en enfer, m’appelaient sans doute de là-haut, attendant ma venue…

Non, honnêtement, malgré ça, l’idée m’indignait…
Se résigner n’était pas dans ma nature apparemment…
Mourir ainsi, c’était… si stupide !
Mourir ? Est-ce que ce mots correspond aussi aux machines ? …

J’en étais là dans mes réflexions, lorsque je distinguai quatre silhouettes au loin…
Aussitôt, je virai brusquement sur ma gauche, changeant de direction… fonçant à leur rencontre…
A croire que je n’en avais pas eu assez…

Au passage, un agriculteur s’exclama quelque chose ressemblant à « faîtes attention ! » alors que je manquais de le renverser sans le voir, traversant son champ en toute impunité…
Il n’eut cependant pas le temps de finir sa phrase que l’un de mes vecteurs se dépliait et pénétrait son ventre s’enroulant autour de son cœur… tandis que je continuais ma route sans y prêter plus d’attention…
Il tomba sur le sol dans un bruit mat…
… Il n’aurait pas du se faire remarquer… peut-être aurait-il pu survivre à mon passage… mais désormais c’était trop tard… Quel imbécile…

Longitude : 90° Est.
Latitude : 15.8.
Ennemis repérés.
Passage en mode offensif.
Cible première localisée.
Cibles verrouillées.

Les visages se tournèrent vers moi… et une expression de stupeur vint se peindre sur chacun d’entre eux.

Un homme de petite taille, plus réactif que les autres, exécuta prestement un mouvement… Esquissant un geste protecteur à l’égard de la cible et d’une petite blonde, qui poussa un cri strident, mélange entre surprise et peur…
Sans même le regarder, courant toujours, deux de mes vecteurs propulsèrent violement et aisément le vieux barbu plusieurs mètres sur le côté…

L’autre ennemi, une femme aux cheveux blancs, se mit en position défensive, l’air déterminé… et, la frôlant, je pus lui assener un coup de pied, digne du meilleur Taijutsu, esquivant au passage l’assaut de la petite qui reçut mon poing ferme en plein dans l’estomac se qui la fit se plier brutalement en deux, subissant l’onde de choc…
Ils ne m’intéressaient pas… Ce que je voulais… c’était le garçon…

Effleurant, les deux personnes de sexes féminins, mes vecteurs fusèrent alors vers le garçon… au même titre que mon corps…
Mais c’est alors qu’un cri perçant retentit à l’intérieur de moi…

~ « Yamero !!!!! » ~


Ecarquillant les yeux, je me figeai subitement, le souffle coupé, rappelant vivement à moi les armes meurtrières qui s’apprêtaient à lui ôter la vie sans qu’il ne puisse seulement les voir…
Je fis quelques pas vers lui, vacillant dangereusement tout en tendant les bras, le cœur gonflé par une tendresse qui paraissait n’être pas la mienne…
Terriblement affaiblis, mes jambes blessées ne me portant même plus, je me sentis alors tomber… lentement… très lentement… et je ne voyais que c’est deux grands yeux violets qui avaient su me calmer… m’apaiser totalement…


« - O… nii…san… »

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Xion Leifoh
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MessageSujet: Re: Souvenirs x Sentiments   Dim 3 Fév 2008 - 19:37

Un jour banal…
Comme hier, comme avant-hier, et le jour précédent…
C’est vrai qu’on vivait pas grandes aventures hors du commun dans notre petit village…
Les rares fois où quelque chose d’inattendu se passait, c’était quand le Roi Enma venait nous emmerder…
Mais désormais on y était habitués, et Blanc-Neige nous prévenait même avant qu’il vienne, alors vous pensez bien que ça pouvait paraître d’un ennui total parfois…

Mais bon… Tel était notre train de vie…
Et puis, on avait pas une sale existence non plus, y’avait pas de quoi se plaindre mais… un peu d’aventure m’aurait pas fait de mal…
Sérieux, j’allais rouiller à force !
Un beau et grand garçon comme moi,n ça méritait un peu d’activité, de danger non ?
D’ailleurs pour ce qui est du danger, j’allais être servi là, mais à cet instant je n’en avais pas encore idée…

Pour l’heure, il ne se passait rien d’extravagant…
On travaillait, on travaillait…
Papa était situé un peu à l’écart, et les filles ricanaient dans leur coin…
Et moi… moi je me retrouvais bien seul d’un coup !
Les filles… Alala… elles papotaient, faisant honneur à la réputation de « la Femme », et me zappaient totalement…

Une présence féminine commençait à me manquer soudain…
D’habitude, il y avait soit Blanc-Neige pour « s’amuser » avec moi, soit Yoko pour me coller, mais là, elles étaient entre elles, et je n’existais plus…
L’esprit féminin est très complexe…
Mais dans tout mon désarroi… totalement feint et exagéré, il arrivait que les filles me jettent quelques regards, qui étaient suffisamment déroutants pour que j’oublie totalement leurs messes basses…
Je soupçonnais d’ailleurs Blanc-Neige de donner des cours à Yoko, parce que jamais la Chuunin ne m’avait lancé un regard si… si intense et si… si brûlant je dirais…
Il se passait des choses pas claires entre ces deux là, j’avais intérêt à me méfier !

J’essayais donc de reprendre mes esprits, et me remettais au travail…
Mais…
Non…
Je sentais quelque chose…
Ou, pour être exact, je ressentais quelque chose…
Je… Qu’est-ce que… ?!
En… en moi… je… j’avais un étrange sentiment…
Quelque chose était sur le point de se produire, quelqu’un même…
Et…
Je savais qu’elle était là…
Elle…

Mais…
Etait-ce seulement possible ?
Est-ce que c’était pas encore mon imagination… ?
Je me relevais soudain, laissant tomber à mes pieds les outils que je tenais, et me dressais de toute ma hauteur, le regard tourné vers l’endroit d’où je pensais sentir sa présence…
J’attendais… attentif…
Je l’avais ressenti, et… quelqu’un ne tarda pas à sentir sa force…
Papa se leva à son tour et se retourna, apparemment concentré…
Il l’avait sentie…
Hey, soit dit en passant, le vieux avait toujours un sacré flair, il avait quand même été Anbu hein, c’était pas n’importe qui !

Et là…
Je l’ai vue…
Elle est arrivée du lointain… comme sortie de nulle part…
Mais est-ce… est-ce que… ?
Celestia… ?

J’ai pas eu le temps de me poser de questions que la furie fonça sur Papa…
Elle l’envoya voler avec une facilité incroyable…
Mes deux compagnonnes s’étaient alors levées, et je me souviens que Yoko avait poussé un cri… enfin… je crois…
Blanc-Neige s’est interposé, mais a reçu un coup elle aussi…
Puis… Yoko s’est dressée devant moi… comme pour barrer le chemin… à… à cette fille…
Elle tenta d’attaquer, mais une fois de plus, c’est l’inconnue qui prit le dessus, mettant la jeune fille à terre…
L’inconnue… ?
Je n’en étais plus vraiment sûr en vérité…


Vous vous demandez certainement pourquoi mon récit de ce moment est si flou et si dénué d’émotions pour mes amis…
Et bien…
Je… j’étais dans une sorte de transe…
Dès qu’elle était apparue, j’étais comme tombé en léthargie…
J’étais perdu dans mes pensées… mes souvenirs…
Celestia… ? … ou pas… ?
Je regardais ce qui se passait autour de moi, mais sans réellement le voir…
D’abord papa… ensuite Blanc-Neige… et enfin Yoko…
Ils étaient tous tombés sous ses coups…

J’avais finalement relevé les yeux dans sa direction…
Je crois que j’étais comme un enfant…
Je voyais la réalité devant mes ptits yeux, mais j’étais incapable d’y croire… d’y accrocher…
Et… le retour… à moitié…
Je la regardais, mon regard plongé dans le sien, mais… elle avait l’air si… en colère… presque… folle…
Elle m’aurait certainement fait peur en temps normal…
Mais là, je ne ressentais plus rien, j’étais ailleurs…

Mais… son regard s’adoucit terriblement soudain…
Elle fit quelques pas dans ma direction et… elle me tendit les bras…
L’inconnue tomba dans mes bras, et je la saisissais sans ciller, l’observant avec un calme tétanisant… Je n’étais clairement pas moi…
Puis alors survint le…



« - O… nii…san… »


Une grande bouffée d’air marqua mon retour dans ce monde…
O…Onii-san… ?
C’est… C’était… po…possible ?!
Sans même poser un regard sur l’intéressée, je…
Mes souvenirs remontèrent à la surface…
Retour difficile à la vie réelle hein…
Je ne savais pas qui elle était, ni si elle était bien Celestia, mais… mon passé me revint en pleine figure là…

Mes yeux commencèrent à se remplir de larmes, toutes prêtes à exploser, tandis que mon regard était complètement indéfinissable… à la fois inexpressif, mais pourtant secoué de terribles sentiments…

Blanc-Neige fut la première à s’approcher de moi…
Elle posa sa main sur mon épaule, examinant lentement son agresseur, puis me demanda d’une petite voix…



« - Xion… est-ce que ça va ? »


Il ne fallait pas m’adresser la parole je crois…
Et me poser une telle question ne fit que renforcer mon sentiment étrange…
A peine avait-elle fini sa phrase que j’explosais en larmes…
J’hurlais, et le liquide coulait en continu sur mes joues…
Je devais avoir l’air bien pitoyable… terrassé de la sorte…

Cette baka de Yoko s’était relevée, et… elle pleurait elle aussi…
Oui, c’est souvent les gens les plus extrêmes et les plus francs qui sont ceux qui craquent le plus facilement…
Et la simple vue d’un moi en pleurs suffisait à la faire pleurer… une baka, j’vous le dis…
Papa arriva lui aussi, et il prit la peste dans ses bras pour la calmer…

C’était dur pour tout le monde visiblement…

Au bout de plusieurs minutes, je réussis à retrouver mon calme, le visage tout de même rougi par les larmes…

Je posais alors mon regard sur la… la fille ?!
La personne qui était dans mes bras…
C’était… ce visage… pas de doute à mes yeux… Celestia…
C’était Celestia… ma petite sœur…
Tant d’années à la chercher, et c’est finalement elle qui me retrouvait… Ironique hein…
C’était elle… à quelques exceptions près…
Elle avait de longues oreilles… comme… comme les elfes de contes…
Et puis… elle avait… des… des plaques métalliques sur la tête… étranges…
Etait-ce vraiment Celestia… ?
Ce qui est sûr c’est qu’elle lui ressemblait à s’y méprendre…
Déroutant…

Elle portait une drôle de tenue aussi…
Vous savez, comment expliquer… comme ce qu’on met aux malades dans les hôpitaux… ce genre de truc… une sorte de robe assez moche, soyons honnêtes !
Elle était toute déchirée, et beaucoup de sang la recouvrait…
Elle était très blessée aussi visiblement…
J’étais incapable de dire si elle était bien Celestia, mais… je voulais l’aider…
Quoiqu’il en soit, qui qu’elle soit… j’avais ce désir de lui venir en aide…
Et… elle m’avait appelé grand frère…
Très vite, la discussion reprit…
Papa avait bien compris… un simple regard envers lui avait suffit à le lui faire comprendre…



« - C’est bien elle… ? » me lança-t-il, très calme.
« - Elle qui ? » chuchota lentement Yoko.
« - … la sœur de Xion… » lui souffla-t-il à voix basse.
« - … et bah c’est une folle ! Elle m’a fait mal en plus… » lâcha enfin la peste, la mine boudeuse, avant de nous tourner le dos avec un air supérieur…

Cette baka m’arracha même un mini sourire…

« - Blanc-Neige… je sais que… enfin, je suis désolé de ce qu’elle t’a fait… et à vous deux aussi d’ailleurs… mais… tu voudrais bien la soigner s’il te plaît… ses blessures ont l’air graves… » commençais-je, légèrement gêné, et surtout inquiet pour ce doux être qui dormait dans mes bras…
« - Ce n’était rien de ça… t’en fais pas. Bien sûr que je vais m’occuper d’elle. » répondit la princesse avec douceur.
« - Rentrons-la à la maison déjà, ce sera plus pratique. » répondit Papa.
« - Bonne idée ‘Tousan. » conclus-je alors.


Je me relevais lentement avec l’adolescente dans les bras, en prenant bien soin de ne pas la bouger trop précipitamment…
On se dirigea lentement vers la maison, dans un silence à faire pâlir un… un type bronzé… oué, c’est pas mal ça…
Blanc-Neige paraissait concentrée, certainement prête déjà à soigner ma sœur… ou ce qui s’apparentait à ma sœur, Papa ouvrait la marche, l’air penseur, et Yoko quand à elle, restait un peu en retrait, l’air bougon.

On entra à l’intérieur, et j’allais déposer la jeune fille dans mon lit.
Tout le monde m’emboîtait le pas, et on se retrouvait tous les… les cinq, dans la pièce.
Je me retournais alors vers Blanc-Neige, la gratifiant d’un petit signe de tête, avant de m’écarter du lit, pour lui laisser le loisir de guérir les blessures de Celestia…
Papa s’était assis dans un coin de la chambre, et j’attendais patiemment à côté de la porte.
Yoko était derrière moi, et… gênée, n’osait pas s’approcher…
Blanc-Neige, qui était au chevet de ma sœur se retourna vers moi, avec un regard pour le moins… troublé…



« - Xion… c’est… c’est une machine… Ça va me prendre quelques minutes pour m’occuper d’elle… » lança-t-elle soudain.


Ma sœur… une machine ?!
Elle… non… elle ne pouvait pas se tromper…
Une machine… un… un robot ?!

Papa me lança un regard doux et un petit sourire, le genre qui veut dire « ça va aller »…
Merci…
J’en avais besoin là…
Je ne comprenais pas mais… mieux valait sûrement ne pas se poser de questions… j’aurais le temps de voir avec elle… plus tard…
Une voix retentit alors derrière moi…



« - …baka… tes bras… » lança calmement Yoko.


Mes bras ?
Qu’est-ce qu’ils avaient ?!
Je baissais le regard sur ces derniers pour me rendre compte qu’ils étaient plein de sang…
Je…
J’y avais même pas prêté attention…
Je tournais lentement la tête vers la jeune fille et dans un sourire un peu étrange…



« - C’est rien… » lui soufflais-je à voix basse.


De nouveau, mon regard fixa le charmant visage de Celestia… ou… de cette machine qui avait ses traits…
Je l’observais et me remémorais quelques souvenirs, qui me faisaient autant de bien que de mal… à la fois heureux et déchirants…
Yoko revint alors à la charge, la tête baissée, avec une petite voix…



« - …tu l’aimes beaucoup hein… ? » commença-t-elle.
« - … oui… c’est ma sœur… et c’est pareil pour toi. » lui répondis-je sans lâcher l’adolescente blessée des yeux.


Yok’ entra alors dans la pièce avec un petit sourire, et alla se poster à côté de Blanc-Neige, au chevet de l’inconnue…
La princesse était en sueur…
Ça avait l’air dur pour elle, mais elle finit par annoncer…



« - Ça y est… elle est guérie… »


Elle était sexy avec son air épuisé et dégoulinante de sueur, mais la santé de cet être insolite passait au-dessus de l’attrait de la demoiselle… impensable non ?
Je me ruais alors au bord du lit, mais l’intéressée était encore endormie…
Au moins, tout le sang couvrant son corps et ses blessures avaient disparues…
Par contre, sa tenue restait pleine de taches rouges et totalement en lambeaux…
Il lui fallait autre chose…
Je me sentais coupable de demander tant de services à Blanc-Neige, mais… je voyais pas cette inconnue de sœur rentrer dans les kimonos de plus en plus courts de Yoko, et… les tenues de la princesse étaient autrement plus classes aussi…



« - Blanc-Neige… désolé de te demander encore de l’aide mais… enfin, elle peut pas porter ça et… » commençais-je lentement.
« - Pas de problème, je vais chercher quelque chose, à tout à l’heure. » me coupa-t-elle en souriant.
« - Merci beaucoup. » terminais-je en la remerciant aussi du regard.


La princesse sortit, à la recherche donc d’une tenue pour notre nouvelle invitée, et les autres s’assirent en silence, prenant leur mal en patience, en attendant son possible réveil…
Ils avaient été cool…
Elle les avait frappés… tous…
Et ils m’aidaient à… à l’aider… ah… la sale répétition !
J’allais m’asseoir au bord du lit, et je commençais à lui caresser lentement les cheveux…
Bientôt on aurait des réponses… enfin… j’aurais des réponses… pour l’instant, je profitais de la présence de cette douce beauté, oubliant le temps qui filait…

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MessageSujet: Re: Souvenirs x Sentiments   Dim 3 Fév 2008 - 23:37

Je me débattais… de toutes les maigres forces qui me restaient encore…
L’impression d’être empêtrée dans une substance collante qui me retenait prisonnière…
C’était noir… c’était…vivant… et ça ne voulait pas que je m’échappe… s’enroulant lascivement autour de mes membres, à la manière d’un serpent désireux d’atteindre ma gorge et de l’enserrer de plus en plus fort jusqu’à ce que je ne respire plus… jusqu’à ce que mes paupières se ferment et ne s’ouvrent plus…
Mais au fait,… est-ce que j’avais vraiment besoin de respirer ? Etait-ce juste dans ma tête ? Un automatisme qui me venait des humains ?

Quoi qu’il en soit, mes vecteurs avaient beau trancher, couper, tirer, je n’étais pas assez rapide…
C’était peine perdue… Je ne pouvais que limiter les dégâts…
Et ça faisais si mal… Et ça faisait si peur…

J’étais nue… plongée jusqu’au nombril dans ce liquide visqueux et sombre qui, m’empêchait d’avancer et qui, étrangement, paraissaient symboliser les ténèbres de mon cœur… ou de ce qui le remplaçait…
Vous savez cet organe qui vous sert de pompe et sans lequel il est impossible de survivre, ce que l’on dit allégoriquement à l’origine de toutes nos émotions, celui qui se brise métaphoriquement lorsque quelqu’un vous fait du mal…
Moi… je n’en possédais pas…

Pendant que le votre palpitait dans votre poitrine, hurlant son ode à la vie… moi… seul un ensemble de circuits électroniques…faisait office de réceptacle de l’âme…
Mes sentiments en étaient-ils plus faux ? En étaient-ils irréels… virtuels… bêtement programmés ?
Ils semblaient si vrais, pourtant… si palpables…

A vrai dire, il était difficile de penser que quelque chose d’extérieur me les insufflait…
Je voulais qu’ils soient à moi… comme une preuve de mon identité à moi aussi… une preuve que je pouvais être unique, comme ces maudits humains qui, trop stupides, ne s’apercevaient même pas de leur chance… que si je pouvais être remplacée, que si ce corps n’avait presque rien de charnel, je possédais moi aussi ce que l’on appelait couramment une essence…
Au fond, je crois que… que je les enviais ces fichus mortels…
Ils avaient droit à tout ce à quoi j’aspirais sans véritablement me l’avouer…
Ils possédaient… une identité propre…
Ce n’était… vraiment pas… vraiment pas juste…

J’étais donc là, oscillant entre la vie et la mort, dans ce monde obscurs… comme captive dans une autre dimension, connue seulement de mon esprit…
J’étais effrayée…
Mon regard courrait de droite à gauche, à la recherche d’une lumière bienveillante et inespérée… que je ne trouvais pas…
La panique émergeait progressivement en moi, poison lent qui me destinait à une lente et douloureuse agonie…

Et puis… il y avait ce silence pesant…
Rien… aucun son n’était audible hormis ma respiration saccadés et précipités, signe de l’efforts acharné avec lequel je tentait de m’enfuir… et plus rarement le bruit que faisait ma voix en appelant à l’aide…
C’était bien la première fois que je demandais du secours, d’ailleurs…
C’était trop dur, je ne pouvais me calmer !
Je ne pouvais garder mon sang-froid cette fois !

Soudain, je compris…
Le néant… Voilà où j’étais en vérité… dans le néant…
Un lieu dont on ne pouvait sortir seule, pas vrai ?

Mais qui viendrait pour moi ? Qui me trouverait ici ?
La réponse était évidente : personne…
Je n’avais ni famille, ni amis… ni proches… absolument personne…

Oniisan… c’est ce que j’avais dis avant de sombrer…
Du moins, c’est ce que je supposais puisque ce mot étrange m’avait brûlé les lèvres en voyant ce garçon… et qu’il était la dernière chose dont je me souvenais…
Ce garçon ? Oniisan ? … Je… Etait-il vraiment là ou avais-je encore rêvé ?
Existait-il autrement que dans les délires d’un cerveau fiévreux et fébrile ?
Non, il s’agissait certainement d’une illusion de plus…
Déjà son visage se dissipait de ma mémoire…
Ce garçon…
Mais quel garçon ?

Je clignais alors des yeux, apercevant une silhouette étrange… comme un hologramme… qui semblait n’être pas vraiment là…
Tremblante, hésitante, translucide…
Etait-ce le jeune homme de tout à l’heure ? Celui que j’avais vu avant de me retrouver dans les limbes de mes souvenirs…
Non, il… lui ressemblait mais…
Zeroboros… C’était bien lui ?! Il était revenu ?!
Mais revenu d’où ?

Je tendis alors la main vers lui, suppliante, mais l’image se volatilisa brutalement au moment même où mes doigts entrèrent en contact avec sa peau…
Zerob… Ze…
Comment s’appelait-il déjà ?

J’étais seule… J’avais toujours été seule… depuis le début…

Oh, avant de me retrouver coincer là, il y avait bien eu mes semblables mais à l’époque nous avions trop peu d’humanité pour pouvoir nous lier…
On se battait côte à côte avec un certain respect, mais ça n’allait jamais plus loin…
Ensuite, … celui avec qui je fusionnais…
Je l’avais toujours détesté et il m’avait toujours crains…
Là encore entretenir une relation saine semblait fort improbable…
Et enfin, Hidake, mon créateur… En ce qui le concerne, mon ressentit était bien trop ambigüe et le sien aussi sans doute…
Un rapport de force, de mépris, de dégoût et de proximité…
Un mélange détonnant, vous vous en doutez…

En résumé, mon existence sociale était quasiment nulle et désormais il y avait de fortes de chances pour qu’elle en reste là…
Alors voilà ? Ça devait finir comme ça ?
Quelqu’un en serait-il désolé ? Non, bien sûr que non…
Qui pourrait regrettait une criminelle quoi moi ?
Je n’étais… qu’une arme après tout et… c’est bien connu, les armes finissent par casser si on les utilise trop…
Est-ce que j’avais été trop utilisé ? Je ne me souvenais plus quand tout avait commencé…
Combien de personnes avais-je tué ?
Non, cela n’avait aucune importance…

Je devais vivre, encore un peu… Je ne devais pas abandonner… pas comme autrefois…
Autrefois ? Quand avais-je renoncé à la vie ? Je ne m’en souvenais pas mais… c’était un sentiment qui m’était si familier pourtant…
Non, c’était impossible…
Je n’aurais jamais commis une telle bêtise, j’étais bien trop obstinée…
Tout ça n’avait pas de sens !

Brusquement, l’air me manqua… Je me noyais ? Je me noyais… je me… NOYAIS !!!!
Je… non !
Tout devenait flou ! Tout s’embrouillait !

Et moi, je…
Moi ?… J’étais « je »… mais qu’est-ce qui se cachait derrière ces deux lettres ?
Qui étais-je au juste ?
Jûni… Voilà, c’était le nom que j’avais reçu…
Oui, Jûni…
Il avait dit : « -Tu t’appelleras J… »
Qu’avait-il dit, au fait ?
Ah oui, il avait dit : « -Tu t’appelleras Zecty »
Mais… avait-il vraiment dit ça ? Pourquoi ça sonnait si faux à mes oreilles ?

Soudain le niveau de cette eau coloré baissa, retrouvant son seuil de tout à l’heure, m’offrant l’opportunité d’avaler goulûment un air qui m’apparaissait soudain incroyablement précieux.
Je… Que c’était-il passé au juste ? Une mauvaise manipulation de la part des humains ?
Peut-être mais… pff… c’était juste !…
Un peu plus et mes donnés mnémoniques auraient été complètement supprimées, perdues à jamais…

Désolée… Désolée, mais je ne veux pas partir comme ça !
Désolée, mais je veux encore bouger, parler, sentir et ressentir…
Un jour je disparaîtrais mais… pas maintenant…
Enfin… je veux dire que si mon heure était venue, je ne comptais pas l’attendre les bras croisés, ça non !
J’allais me battre jusqu’au bout et on verrait qui de moi ou de la grande faucheuse est réellement la plus forte !

Tiens, il me semblait que les ténèbres qui m’enveloppaient devenaient moins denses…



« - Ça y est… elle est guérie… »


Nani ? J’avais cru entendre quelque chose… Une voix féminine…
J’avais du rêver…
Non, je m’étais trompée, j’avais beau tendre l’oreille il n’y avait de nouveau plus que les sons que je produisais pour me tenir compagnie…

Mais… était-ce bien de la lumière que je voyais là-bas ? Loin très loin de moi ?
Non, je… Mais si ! Elle brillait si fort ! C’était si beau…
Malheureusement… si je voulais l’atteindre j’avais beaucoup de chemin à faire…
Je n’avais plus la force nécessaire… J’étais entièrement immobilisée…
Je… n’avais plus le… le courage suffisant…



« - Celestia ? »


Je me retournais vivement, stupéfaite d’avoir pu réaliser un mouvement si précipité, mon cœur battant la chamade brusquement…
Celestia ? Encore cette fille…
Ce n’était pas moi !
… Ou peut-être que si en fin de compte…



« - Pourquoi tu pleures, Celestia ? »


Je ne pleurais pas ! Je voulus le lui dire mais… l’enfant, car il s’agissait bien d’un enfant, me fixait sans me voir… son regard transcendant donnant l’impression de voir à travers moi…
Et ses prunelles… elles me disaient vaguement quelque chose… mais quoi…



« - Allez, relève-toi… »


Me… relever ? Pourq…
J’étais à genoux ?! Qu’est-ce que je faisais là ? J’étais… tellement plus près de la lumière tout à coup…



« - Allez, viens… Je suis là, tu le sais bien… Et pis, je te l’ai dis non, que je te protégerais toujours… ? »


Sans trop comprendre, je levais les doigts, saisissant délicatement ceux qu’il me tendait …
J’avais confiance en ce petit garçon… Il m’avait promis de me protéger… Il… me sauverait !
C’est alors que les liens qui me retenaient se délièrent, me laissant libre de mes mouvements…
Il se mit à bouger me guidant doucement vers la sortie, me jetant de temps en temps des coups d’œil emplit d’une affection que je ne connaissais pas…

Puis, il lâcha ma main qui retomba mollement le long de mon corps…



« - Tu vois, c’était pas si dur ? » Conclut-il alors avec un large sourire qu’il ponctua d’un clin d’œil bouleversant… avant de me faire un petit signe de la main…


J’hochai alors la tête, regardant son image se dissiper non sans un étrange pincement au cœur…


« - Arigatô… » Soufflai-je inaudiblement, un fin sourire étirant mes lèvres…


Qui était-il ? Je le connaissais… Du moins, c’est ce qu’il m’avait semblé mais … je n’en étais plus si sûre soudain…
Chassant ses pensées, je fis volte-face après un au-revoir muet, et pénétrais enfin dans la lumière, éblouie par cette clarté brûlante…

NANI ?! Mais où étais-je ?!
Mes paupières venaient de s’écarter après plusieurs tentatives infructueuses, s’ouvrant su un monde qui me parut aussitôt hostile…
Je me redressai brusquement avec un étrange bruit mécanique qui me fit penser que j’avais du être gravement abîmé…
Ils y avaient des inconnus près de moi… Des ennemis ?! Je devais… je… devais…
Non, visiblement je n’avais pas encore parfaitement récupéré…
Une analyse complète s’imposait…

Une expression totalement affolée et tirée par la douleur physique planant sur mon visage et un regard de bête traquée et acculée par un chasseur cruel… voilà le portait pitoyable que j’offrais à cet instant…
Je n’entendais rien, les sons étaient comme assourdis par le tintamarre que produisait mon cœur tambourinant violement dans ma poitrine… et aussi par le bruit que faisait ma respiration précipitée…

Mes iris fusèrent d’un personnage à l’autre…
Ils étaient trois… Un homme, une fille et… un garçon qui se tenait près de moi.
Il était beaucoup trop proche !
J’avais l’impression d’avoir déjà eu à faire à eux… mais… je ne réussissais pas à me souvenir exactement dans quelles circonstances…

Quoi qu’il en soit, je n’avais rien à craindre, n’est-ce pas ? Ce n’était que des humains après tout…
Mais à peine cette pensée m’effleura-t-elle l’esprit qu’une espèce de nausée, un étourdissement vient brouiller ma vision… me forçant à clore les paupières de nouveau dans une grimace de douleur…
J’étais peut-être plus affaiblis que je ne le pensais… plus en danger aussi…

En vérité… j’étais terrorisée… Où étais-je ? Qui était ces gens ? Que c’était-il passé ? Autant de questions dont je cherchais les réponses… réponses qui m’échappaient inexorablement pour l’instant…
Je ne savais qu’une chose : Je ne devais surtout pas m’attarder ici !

Je bondis alors hors du lit sans demander mon reste après m’être débattus quelques secondes avec les couettes sous le regard attentif des trois étrangers… le souffle court, les dévisageant avec une certaine agressivité dissimulant péniblement ma terreur, telle une créature sauvage mécontente de s’être laissé ainsi prendre dans les filets de braconnier sans scrupules…
Puis, j’esquissai aussitôt l’ombre d’un pas, avant de m’écrouler dans un gémissement teinté de colère…
J’étais… perdue…
Ils allaient… Dieu savait ce qu’ils allaient me faire maintenant !

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MessageSujet: Re: Souvenirs x Sentiments   Lun 4 Fév 2008 - 3:10

[ Et un post, especially for you Wink ]


Celestia…
Ou pas…
Pfou…
Je comprenais plus rien…
J’essayais de pas y penser, c’est vrai, mais…
Vous connaissez ça ?
Plus vous essayez de pas songer à quelque chose, et plus cette chose vous revient à l’esprit…

Et j’étais là…
J’observais cette personne si… si étrange…
Elle me paraissait à la fois très familière, mais aussi totalement inconnue…
Je ne peux pas expliquer clairement ce sentiment, mais… c’était si étrange… et ça faisait pas que du bien à l’intérieur, j’peux vous l’assurer…

Les mots de Blanc-Neige tournaient encore et toujours dans ma tête…
C’est une machine…
Une machine ?!
Mais non, pas possible !
Je…
Je l’acceptais pas !
Enfin… je ne voulais pas l’accepter plutôt…
C’était trop… non…
C’était ma sœur… ma petite sœur… ma Celestia…
Pas un putain de robot !
Elle avait pas le droit d’être… autre chose que l’image que je me faisais d’elle…

Oui, je sais, c’est cruel de penser ainsi…
Mais…
Je l’avais cherchée si longtemps…
J’avais espéré encore et encore au fil des années…
Je me l’étais imaginé… et je voulais qu’elle soit heureuse… où qu’elle soit…
Et… j’avais même fini par abandonner tout espoir… et je me dégoûtais de l’avoir fait d’ailleurs…
Et soudain, une fille avec… avec ses traits… surgissait de nulle part…
Elle m’appelait même onii-san…
C’était quand même fort ça !

Elle…
C’était… c’était bien elle…
Personne…
Personne n’avait le droit de remettre ça en doute !!!
Elle…
Elle devait être comme je l’avais imaginée… une jolie jeune fille calme et timide… loin de tout danger… ayant réussi à échapper à ce méprisable type… et ayant vécu une vie heureuse à l’abri de tout le mal…
Et…
Si elle était un robot…
Alors…
Alors sa vie aurait été difficile… elle aurait subi des choses inimaginables… elle…
Elle aurait été malheureuse… et… et en plus tout était de ma faute…

Je n’avais pas su la protéger…
C’était pourtant ma mission… et… ce que je voulais faire… veiller sur elle…
Et…
J’avais… échoué…
Si quelqu’un avait fait d’elle une machine, alors j’avais été inutile…
Je l’avais laissé partir… se faire emporter…
Trop jeune… trop bête… trop petit… trop impuissant…

Mais aujourd’hui…
Voilà ce qu’elle était…
Enfin…
C’était bizarre là aussi…
Je n’avais pas réellement la sensation que c’était elle…
C’est comme si ce n’était pas vraiment elle…
Dur à expliquer, excusez-moi, mais c’est comme ça !
Disons que… elle ressemblait à ma sœur… à l’image que je gardais d’elle, et… il y avait cette aura qui émanait d’elle et qui m’était familière, mais… en même temps, il y avait autre chose…
Comme si… comme si Celestia n’était qu’une petite partie d’elle…
Oui, je sais, je divague totalement, mais n’empêche que j’avais ce sentiment…

Qui était-elle au fond ?

Celestia… ?
Quelqu’un d’autre… ?
Quoiqu’il en soit, et… qui qu’elle puisse être, je refusais, et ne comprenais, cette notion de « machine »…
Elle était un être vivant, comme nous tous, non ?
Elle avait agi de son propre chef, et… elle dormait comme on le faisait tous !
Elle était même tombée dans mes bras, affaiblie…
Apparemment, elle avait des sentiments elle aussi…
Tout bien réfléchi, les machines n’étaient donc pas si différentes de nous hein…
Pour moi, elle était la jolie inconnue ressemblant à ma sœur… pas une machine idiote sans conscience propre…

Vous comprenez pas ma façon de voir ?

Pas grave, je peux vivre avec ça !
Je trouve qu’il est totalement stupide de juger les choses sur ce qu’elles sont… les gens sur ce qu’ils sont également…
Vous voyez… ?
Moi par exemple, je suis un gamin des rues, un fils adopté qui ne résiste que difficilement aux filles…
Je ne suis pas juste un humain…
Mais le monde tournait comme ça…
On mettait les gens dans une catégorie…
Encore et toujours ces conneries de noir et de blanc…

Imaginez que les gens soient soit blancs, soit noirs…
Et, que les blancs et les noirs se détestent pour une raison quelconque…
Alors leurs descendants doivent se haïr aussi…
Il y a des tas d’exemples comme ça… dont le non moins fameux Roméo et Juliette…
D’où on venait, ce qu’on était…
Tout ça, ça avait aucune importance !
Ce qui importe vraiment, c’est qui on est !

Enfin, je dois être une des rares personnes au monde à penser ça…
Tant pis, je n’ai plus qu’une solution…
Devenir le maître du Monde et soumettre tout le monde à mon idée !

Non, je rigole bien sûr !
Bon, au lieu de déraper, revenons-en à la réalité, parce que soudain… il commençait à se passer des choses…

Papa restait dans le coin sans bouger… méditant apparemment, et… je pense qu’il réfléchissait à tout ça, et puis, Yoko quant à elle, qui restait là, silencieuse, à observer la belle inconnue, le regard presque admiratif…
Lorsque tout à coup, l’endormie en question se redressa sur le lit !
Wahou ! Ça c’était soudain !
Elle resta là, immobile, nous scrutant tous les trois, un par un…

Nous, on bougeait pas vraiment…
Bah pour ma part j’étais abasourdi !
Les autres, je ne sais pas si c’était la peur ou la stupeur qui les empêchais d’esquisser le moindre geste, mais ils ne cillaient pas non plus…
Animé comme situation…

La demoiselle ne tarda pas à se débattre au milieu de la couette, et se leva rapidement de mon lit douillet…
Elle paraissait… si affolée soudain…
Comme un animal pris au piège, vraiment.
Je me sentais mal.. franchement, on avait l’air de cinglés du genre à kidnapper une fille-robot pour lui faire du mal ?!
Un petit, assez âgé, la mine renfrognée, une charmante peste au visage d’ange et… enfin, il y avait moi quoi !

En tout cas, elle n’avait pas l’air à son aise…
Elle était debout à côté de moi, et apparemment, cette chambre ne lui plaisait pas… ou plutôt cette situation…
Elle devait se sentir faible et… impuissante…
Elle devait vouloir fuir…

Soudain, l’adolescente aux cheveux foncés tenta un mouvement…
Mais elle était encore trop faible, et… à nouveau, elle chuta, non sans un cri de douleur…
Sans réfléchir, je me jetais sous elle, et la rattrapais avec une agilité déconcertante.
Comme précédemment, je la tenais délicatement dans mes bras. C’était devenu une habitude dis donc…

Lentement, je la soulevais et la reposais avec délicatesse sur le lit…
Il ne fallait pas qu’elle s’épuise comme ça… pour l’heure, il lui fallait du repos !
A peine l’avais-je posée, que je m’assis juste à côté d’elle.
Je replaçais une de ses mèches qui venait gêner son joli minois, avant de la regarder dans les yeux et d’énoncer très calmement, et avec une voix chaleureuse…



« - Tu n’as rien à craindre, on ne va pas te faire de mal… t’es en sécurité ici, fais moi confiance. »


Et comme pour accentuer la fin de ma phrase, je me tapotais légèrement la poitrine et le ponctuais d’un petit clin d’œil charmant, adressé à cette dernière.
Yoko s’avança alors un tout petit peu vers elle, avec un petit sourire…
Elle était pas complètement rassurée, mais elle se lança quand même… elle avait du cran quand même, c’était un bon point…



« - Je sais pas encore vraiment qui tu es, mais, pour l’instant, tu es une fille qui a besoin de repos, alors repose-toi ! » lança-t-elle, avant d’afficher un large sourire.


Papa se mit à sourire dans le coin de la pièce, et avant que je puisse m’exprimer à nouveau, quelqu’un fit irruption dans la chambre !
Mon dieu !
Nous allons tous mourir !
Ah non… C’était Blanc-Neige !
Elle était de retour…
Elle avait fait vite… enfin, en même temps, la jolie inconnue avait mis du temps à ouvrir les yeux… Les deux raisons concordaient au final…
Et donc, comme prévu, Blanc-Neige était accompagnée d’une tenue pour notre hôte, tenue qu’elle tenait dans sa main…



« - Me revoilà avec une tenue ! Oh, vous êtes réveillée ! » dit-elle avant de s’incliner devant l’adolescente.
« - Je m’appelle Blanc-Neige, ravie de faire votre connaissance… » poursuivit-elle, respectueusement…



Hey, mais et nous ?!
On avait pas encore eu le temps de faire les présentations je te signale !
Et… ce qui m’intriguait aussi…
C’était la tenue en question…
Elle avait pas pris ce qu’elle avait de plus couvert dans sa garde-robe, ça avait l’air d’une petitesse… incroyable…
Finalement, même les kimonos minuscules de Yok’ pouvaient paraître longs… m’enfin, on verrait bien…

Pour l’instant, je tenais à nous présenter…
Peut-être qu’elle me connaissait… peut-être que…
Bref, on tarderait pas à en avoir le cœur net…
Ainsi, la gratifiant d’un sourire simple et sincère, je désignais d’abord Papa, puis Yoko, en disant…



« - Tu vois le ptit vieux là-bas ? … c’est Kou, et la morveuse blonde là, c’est Yoko… »

Je posais ensuite la main sur ma poitrine en la regardant profondément dans les yeux, avant de terminer…

« - Et moi, je suis Xion. »


Au moins cette fois, c’était fait, on était au moins débarrassés de ça… pfiou !
J’avais jamais spécialement aimé me présenter comme ça…
Pas que je m’aime pas hein, bien au contraire, mais… je trouvais ça un peu gênant…
Papa ,e tarda pas à se lever de sa place dans l’angle et partit en direction de la sortie…
Il glissa finalement…



« - Je vais faire à manger, ça fera du bien à tout le monde ! »


Puis, après cette joyeuse phrase, pleine de gaieté, qui n’était pas totalement dans son habitude, il fila, descendant en direction de la cuisine.
Pour notre part, il était question de découvrir qui était cette fille, de réussir à la calmer, la mettre en confiance… et accessoirement, l’habiller convenablement…
Nous avions tous envie d’être directs et de lui poser la question franchement après qu’on se soit présentés, mais… ça se faisait pas quoi…



« - Et toi ? Qui es-tu… ? »


C’était Yoko…
En grande indiscrète, elle n’avait pas hésité à poser sa question à notre invitée…
Yok’ semblait s’intéresser à l’inconnue… du jamais vu…
Pour que cette fille donne de l’intérêt à une autre personne… et une autre fille qui plus est… ça relevait de l’exploit…
En tout cas, cette petite peste paraissait fascinée parfois, à son regard…
Me dites pas qu’elle s’était déjà attachée à elle ?!

Au fond, on était tous heureux que l’un d’entre nous ait osé poser la question, parce que bizarrement, ça nous libérait d’un poids… et… on espérait que la réponse nous en enlèverait un autre…
Un plus gros… un beaucoup plus gros en ce qui me concernait…
Dans quelques instants, nous découvririons peut-être une révélation importante…
Une information plus que capitale sur l’identité de cette belle inconnue.
Parce que jusqu’à présent, à part l’affolement et un « onii-san »… et quelques gémissements aussi… on avait pas eu grand-chose de sa voix… Il était temps de l’entendre pour de vrai…
J’attendais donc, toujours assis à ses côtés, et les deux autres jeunes filles en étaient au même point, dans l’attente de la réponse qui allait certainement tomber…

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MessageSujet: Re: Souvenirs x Sentiments   Lun 4 Fév 2008 - 23:31

Je ne pouvais me raisonner…
J’étais bien plus forte que ces trois là réunis, même dans mon état, c’était une évidence… toutefois… toutefois, pourquoi est-ce que je me sentais si troublée ?
Ça… ça n’avait pas de sens… J’étais toujours en position de force, non ?
Alors quoi ? …

Je m’étais donc levée tant bien que mal pour échapper à cette désagréable situation…
Dans ma précipitation plutôt mal que bien d’ailleurs, baignant toujours dans une inquiétude palpable…
Eux… ils avaient simplement continué à me fixer, immobiles, comme s’ils n’avaient nullement l’intention de me retenir…ou comme s’ils étaient trop hébétés pour réagir, ce qui me parut plus cohérent…
Néanmoins, je restais méfiante… les détaillant avec cette colère qui ne me quittait plus…

Je n’aurais su l’expliquer mais leur proximité faisait poindre en moi un sentiment de panique incontrôlable…
Et surtout… il y avait ce garçon… plus que les autres, il… il m’impressionnait…
Bizarre de la part d’un gringalet comme lui…
Je ne parle pas ici de son physique, soyons d’accord là-dessus…
Juste… il était… faible… comme toute son espèce malheureusement…
Néanmoins, je voulais le fuir… non… en fait, je crois que je… que je voulais le garder près de moi…

Je… Etais-je vraiment en train de sombrer dans la folie ?
Car enfin, c’était bien la première fois que j’éprouvais une telle chose… chose qui m’aurait encore semblé impensable la veille…

Mes yeux perçants, similaires à ceux des grands fauves, prédateurs de prime abord calmes et placides mais prêts à bondir à la moindre occasion sans signe avant coureur… s’attardèrent donc un court instant sur l’adolescent… essayant de le sonder, mais y renonçant bien vite sous le coup de cette douleur qui m’oppressait horriblement, semblant s’étendre bien au-delà du physique… et qu’il m’était impossible de comprendre…

Mais à peine avais-je fais un pas, qu’un mal fulgurant me traversa les jambes, m’empêchant de tenir debout une seconde de plus…
Mes pieds étaient visiblement bien mal en point et je ne pourrais certainement pas me mettre à courir… même à marcher…de si tôt…
Pour reprendre ma fuite là où je l’avais laissé en suspend, un peu de repos me serait bénéfique, si ce n’est vital…

Comme je m’y attendais, je perdis aussitôt l’équilibre… tombant,… les yeux clos, résignée déjà au coup qui ne manquerait pas de survenir lorsque mon corps heurterait le sol…
Mais, fait stupéfiant,… seul un petit choc découla de ma chute… comme amortis par quelques chose… ou plutôt quelqu’un…
Alors, lentement j’ouvris les prunelles, perplexe…

Il était là… Le garçon aux yeux violets qui avaient ce don insolite de me mettre en émoi… il s’était jeté sous moi pour… pour… pour me protéger… ?
Baka… Baka… Baka !
Pour… Pourquoi avait-il fait ça ?!
Il… Il ne devait pas avoir toute sa tête…
Cependant dans son regard nul trace de démence, juste une sorte de douceur qui m’était jusqu’alors inconnu et qui me fis frissonner…
Baka…

Cet enfant… celui de mes rêves… car il y avait bien un enfant, n’est-ce pas ?
Il me…

Ses bras qui me soutenaient alors se resserrèrent quelque peu, ayant pour conséquence de rendre ma respiration plus saccadée encore…
Dôshite ?

Moi, je… je me perdais dans ses prunelles, ne sachant comment réagir… emportée dans une confusion totale qui se reflétait sur mon visage…
J’avais peur, mais… paradoxalement je me sentais bien, apaisée… presque… confiante…
Pourtant l’arme se déchaînait en moi et je luttais pour la maintenir enfouie tandis qu’elle s’indignait, prophétisant déjà la mort de l’adolescent…

Puis doucement, il se releva, m’emportant dans les airs, toujours collée à lui…
Pour ma plus grande surprise… consternation peut-être, je n’esquissais pas le moindre geste, je ne me débattis pas une seconde, me laissant docilement transporter d’une façon que j’aurais jugé indigne et humiliante en temps normale…
Mais… j’étais si fatiguée… j’avais bien droit à ce petit laissé aller…
Je me reprendrais mais pour l’heure je profitais de ce contact déroutant que j’estimais aussi terrifiant que bouleversant…
Ce qui pouvait sembler futile pour certains, qui ne s’y serait probablement pas arrêté, était loin de l’être pour moi…

Il était chaud… Oui, ce fut mon premier constat…
Il faut dire que mon corps était insensible à ce genre de détail en temps normal…
Il était mécanique… comme gelé… à l’image de mon cœur peut-être…

A vrai dire, les températures extérieures, le chaud ou le froid, je ne le sentais pas d’ordinaire… c’est pourquoi cette chaleur me déstabilisa grandement… faisant fondre comme neige au soleil mes dernières réticence et le goût amer de ce que j’hésitais encore à considérer comme une offense…
C’était à la fois unique mais familier… déroutant et agréable…

Brusquement ses mains se retirèrent… Enfin non, il n’y avait rien de brusque dans son geste, bien au contraire, il se montrait d’une délicatesse stupéfiante à laquelle je goûtais pour la première fois, ce fut simplement mon ressentit qui fut brutal…
Je redescendais sur terre tout à coup…
Au propre comme au figuré d’ailleurs…

Non, pas vraiment sur terre en fait, je retrouvais seulement ma place et ma position précédente…
C'est-à-dire allongée sur ce matelas moelleux…
C’était confortable à bien y réfléchir… Trop pour me donner envie de le quitter comme la première fois…
Mais ce n’était peut-être qu’un prétexte ridicule qui masquait mon épuisement véritable et mon souhait de découvrir qui était cet inconnu…
De l’intérêt ? C’est ainsi que cela s’appelait, il me semble…
J’allais de nouveautés en nouveautés, décidemment…

Puis le shinobis prit place à mes côtés, m’incitant à ma redresser légèrement…
Il se pencha ensuite et, avec beaucoup de précautions, vint remplacer une mèche sombre qui entravait alors mon champ visuel…
Sans crier garde, il planta ses yeux dans les miens, me faisant imperceptiblement tressaillir…
Je… ne devais pas m’attarder ici… avec lui…

En plus, il… il devait y avoir des tas de gens à ma poursuite !
Je ne pouvais pas rester là… ni pour moi… ni pour lui…
Ils viendraient et ils saccageraient tout et…
Moi… je ne voulais pas le tuer…
S’il me laissait m’en aller tranquillement, sans chercher à me retenir, alors il aurait la vie sauve…
Je n’avais rien à gagner de sa disparition, après tout…
Mais eux, n’avaient pas autant de scrupules que moi, c’était indéniable…



« - Tu n’as rien à craindre, on ne va pas te faire de mal… t’es en sécurité ici, fais moi confiance. »


Sa voix était chaleureux, réconfortante et, le dirais-je, … sincère…
Mais lui faire confiance, c’était une autre paire de manche…
Rien à craindre ? En sécurité ? Là encore, j’en doutais…
Tant que je serais vivante, une épée de Damoclès planera au dessus de ma tête… je l’avais appris à mes dépends et ne remettais plus cette réalité en doute désormais…

Pour achever ses dires en beauté, il me gratifia d’un clin d’œil, tapant sa poitrine du poing…
Un mouvement que je n’avais jamais vu mais qui me donna presque envie de sourire tandis qu’une drôle d’idée émergeait en moi : Il n’avait pas changé…
Nani ? … … Oh et puis tant pis, ce n’était pas le moment de me torturas les méninges…

Quoi qu’il en soit, il ne donnait pas l’impression de vouloir porter atteinte à ma personne…
Et les autres, … l’imitaient visiblement…
Etrange tout ça…
Néanmoins, j’avais retrouvé une grande partie de mon calme, suffisamment pour fermer les paupières, un bref instant…
Elles étaient si lourdes soudain…

En revanche, quelque chose m’intriguait… me tourmentait même…
J’avais été totalement vulnérable sous leur toit mais, apparemment, ils n’avaient rien tenté… ni l’un ni l’autre…
C’était si… si peu ressemblant au portait que je me faisais de l’humanité…
Ils étaient vraiment restés là ? A mon chevet sans rien tenter ?
Ce n’était pas logique… Ils auraient du…

Mes yeux s’ouvrirent largement, se rivant vivement et avec véhémence sur la jeune fille qui avait finalement bougé, s’approchant de moi…
Je ne voulais pas qu’elle vienne ! Qu’elle reste où elle est !
La présence du garçon était suffisamment déstabilisante comme ça !

Elle souriait imperceptiblement… courageusement d’ailleurs au vu de la dureté apparente de mes iris…



« - Je sais pas encore vraiment qui tu es, mais, pour l’instant, tu es une fille qui a besoin de repos, alors repose-toi ! »


Mon expression s’adoucit nettement… Si elle savait… elle n’aurait pas parlé de la sorte…
Une fille qui a besoin de repos ? Je n’étais même pas humaine… Donc me dire fille était loin de la réalité…
Et en ce qui concernait le repos, il ne s’agissait pour moi que d’une fonction… Un mode, un état de veille…
Pouvait-elle seulement le concevoir ? Certainement que non…
Elle n’imaginait pas qui… ce que j’étais… ni ce que je faisais des créatures de son genre…
Plus encore que son compagnon, elle me semblait vulnérable… Un seul petit coup…
Non ! Je ne devais pas ! Je ne devais plus agir, penser comme ça !
J’étais… tellement dangereuse…

Un être fit promptement irruption dans la pièce, me faisant sursauter, mes vecteurs fonçant droit vers la nouvelle arrivante…
Point positif : j’en avais encore le contrôle, bien que cela me demandait excessivement d’énergie…
Grâce au ciel, je les stoppais en remarquant que l’étranger lui offrait un air sympathique…
Ce n’était pas une ennemie… très bien… C’était noté…
Enfin, ce n’était pas la leur tout du moins…

Elle possédait une jolie chevelure blanche qui contrastait avec la mienne… D’ailleurs son physique n’était que contraste vis-à-vis de moi…
Il était clair, lumineux… et sa mine bienveillante quant ma mine restait fermée, hermétique aux sentiments qui m’habitait…


« - Me revoilà avec une tenue ! Oh, vous êtes réveillée ! »


Me prenant au dépourvu, elle s’inclina devant moi…
Pourquoi faisait-elle ça ? C’était… de plus en plus bizarre ici…
J’avais déjà vu ça…
Les scientifiques faisaient le même saluts à Hidake…
Et le « vous »…
Ça sonnait mal pour moi…
En plus, elle était sans doute plus âgée que moi… C’était même plus que sans doute, d’ailleurs…



« - Je m’appelle Blanc-Neige, ravie de faire votre connaissance… »


Elle aussi ignorait tout de moi… sinon elle n’aurait jamais affiché un tel sourire… ne m’aurait jamais tenu de tels propos…
Blanc-neige… un bien étrange prénom d’ailleurs… presque autant que la déférence dont elle faisait preuve à mon égard…

… …
Je me sentais si lasse brusquement… mais cette succession d’événements ne s’arrêta pas là malheureusement.



« - Tu vois le ptit vieux là-bas ? … c’est Kou, et la morveuse blonde là, c’est Yoko… »


Suivant du regard la gestuel du jeune homme, je me plaçais en position assise, soutenues par les oreillers épais, et assimilais ces deux nouvelles identités, les enregistrant soigneusement…
Le barbu : Ptit vieux Kou.
La blonde : Morveuse blonde Yoko.
Drôle de nom… Mais bon, après Blanc-neige, ce n’était plus si surprenant…

Mais à quoi me servait de retenir tout ça au fond ? Ce n’était que… que des humains… comme… comme les autres ?
Non, certes non…
Je le présentais… J’avais l’intuition qu’ils…
Oh c’était trop stupide !
Je n’étais plus… très cohérente…

Je posais alors mes prunelles sur l’adolescent, attendant qu’il se présente comme j’étais persuadée qu’il allait le faire…
Ce qui ne tarda pas…



« - Et moi, je suis Xion. »


Xion… Xion… Xion !
Ce… Pourquoi est-ce que ce nom me faisait-il mal, résonnant étrangement en mon esprit et se répercutant jusque dans mes entrailles ?!
J’avais…

Baissant discrètement la tête, je laissais un poids s’abattre sur moi sans en connaître vraiment l’origine…
Non… Dôshite ?…
Xion…
Ce prénom paraissait sortir d’outre tombe, resurgissant de nulle part, d’une mémoire perdue et lointaine…
C’était… trop tard… maintenant… Je n’étais plus et lui, il…
Mais qu’est-ce que je racontais ?
Je… Non, je n’en pouvais plus ! S’en était assez !
C’était tellement flou… Je dérivais, je délirais…
A croire que je m’inventais des émotions, des souvenirs…
Pourquoi ? Ce… ça semblait irréel… hors du temps et de l’espace…
Comme si l’on m’implantait des pensées qui ne m’appartenaient pas…

Quelqu’un parla, je crois que c’était Ptit vieux Kou mais je n’en étais pas certaine… toutefois il quitta la pièce…

« - Xi… Xion… » Soufflais-je alors, les yeux dans le vague rivés sur mes mains devenues d’un intérêt crucial, sans qu’aucun mot ne parviennent pourtant à s’échapper…
« - I.. Iee ! … » Continuais-je, toujours sans que le son ne daigne se joindre à ma pensée, posant la main à l’endroit où aurait du se trouver mon cœur… ce que personne ne du remarquer, les visages s’étant tournés en direction de la blondinette qui s’apprêtait apparemment à prendre la parole.

Je devais me reprendre et vite…
Je… Je ne le connaissais pas ce garçon ! Et puis ce prénom… ne pouvait rien m’évoquer, n’est-ce pas ?
Moi qui ne connaissais personne d’autres que les hommes soumis aux ordres de mon créateur…



« - Et toi ? Qui es-tu… ? »


C’était la voix de la jeune fille qui m’interpellait ainsi, de but en blanc…

Je suppose que c’était dans les règles…
Ils s’étaient présentés et s’était à mon tour… mais, j’étais ailleurs, à des kilomètres de là…dans ce monde étouffant et effrayant de mes souvenirs… et Morveuse blonde Yoko m’indifférait totalement…
J’étais terriblement désappointée !

Allez, je devais me remuer !
Qu’avait-elle dit… Qui j’étais ?
Je crois que c’était à moi de parler maintenant…
Ça ne m’enchantait guère mais… je n’avais pas vraiment le choix…
Oui mais… j’aurais bien voulu répondre mais quoi ?

Le silence s’éternisait et mes lèvres refusaient toujours de se desserrer…
Ils devaient probablement s’impatienter…
Alors, je rassemblai mon courage avant de me lancer et de dire :


« - … … »


De ne rien dire du tout à vrai dire…
Je… Ma voix ?! Ma bouche remuait mais rien…
J’avais un nouveau disfonctionnement ? Je… ne comprenais pas…
Une indicible angoisse vint alors m’étreindre…
Je… Que m’arrivait-il ?!
Je… J’étais … muette ?! Condamnées au silence ?!
Mais pourquoi ?
La personne qui m’avait remis sur pieds, m’avait-elle déréglé quelque chose par mégarde ?
Etait-ce réparable ?
Je…

Prise de panique, je portai les mains à mon coup, l’enserrant dans un automatisme instinctif, la frayeur se frayant de nouveau un passage dans mon regard…

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MessageSujet: Re: Souvenirs x Sentiments   Mar 5 Fév 2008 - 3:32

[ Nouveau cadeau pour toi Wink Désolé si tu le trouves pas génial, moi-même je suis pas très fan xD
Bonne journée et à ce soir ! calinou ]



Qui était-elle… ?
Cette question pouvait paraître simple, bête, et même anodine, c’était la base de toutes personnes, de toutes relations…
Mais là, je sentais que ça allait être plus complexe…
Cette fille n’avait pas l’air si simple que ça…
Tant mieux, j’adorais les gens peu ordinaires et les défis…
Voici donc comment mêler les deux !

Mais bon, pour l’heure, Yoko lui avait demandé qui elle était… avec une facilité déconcertante…
Elle avait lancé ça comme ça, comme si elle annonçait n’importe quelle ânerie, comme c’était souvent le cas d’ailleurs…
Alors, bien qu’abasourdis, Blanc-neige et moi attendions de voir la réaction de la jeune inconnue…
Allait-elle répondre franchement, et avec simplicité… ?
Allait-elle au contraire nous « snober » et jouer sa supérieure… ?
Ou peut-être même cracher quelques injures au visage de la peste blonde…
Ça n’aurait été ni très gentil, ni très fair-play, mais je pense que ça aurait pu être extrêmement drôle…
Mais je découvrirais bientôt qu’il n’en serait rien… dommage.

Oui, il fallait savoir remettre Yoko à sa place de temps en temps…
Quoique là, je la trouvais étonnamment gentille et tendre par rapport à d’habitude…
Il y avait quelque chose qui tournait pas rond chez elle aujourd’hui ?
Son cerveau avait peut-être subi les effets de la chaleur…
En tout cas d’ordinaire, elle bougonnait, rechignait, se plaignait, et faisait des caprices, et tout ça sans raison !
Mais là, avec une parfaite inconnue, qui, de plus, lui avait mis un coup mémorable quelques minutes plus tôt, elle se montrait d’une incroyable bonté, semblant lui pardonner son accès de rage de tout à l’heure…
Décidément, je ne comprenais jamais rien aux filles…

En tout cas, notre hôte s’était légèrement relevée et se retrouvait désormais quasiment assise dans ce lit…
Mon lit qui était recouvert de sang maintenant…
Ah, on changerait les draps et l’affaire serait réglée, pas de quoi se prendre la tête…
C’était que de stupides objets hein…
Enfin, l’invention du lit était des plus remarquables, parce que niveau sommeil, repos, c’était vraiment extra… je connaissais rien de mieux !
Mais bon, je ne suis pas là pour vous raconter comment je débattais mentalement, et avec une fougue incroyable, sur les bienfaits d’un lit moelleux sur le point de vue de la relaxation de l’être humain…
Par contre, je vous en parlerai plus tard si ça vous intéresse, pas de problème ! ^_^*

Donc pour en revenir à ce que je disais, on attendait tous, suspendus aux lèvres de la jolie brune…
D’ailleurs, il était intéressant de noter que j’étais entouré de trois filles, mais qu’elles étaient toutes dans un registre différent, mais ça, j’aurai l’occasion de vous en reparler très bientôt, je vous le promets, alors je vais laisser ça de côté pour l’instant, simplement, rien que physiquement, ça sautait déjà aux yeux… et niveau caractère, ça serait encore pire, vous verrez en temps voulu.

Bon, stop les divagations !
On était suspendu à ses lèvres, et… croyez-moi ou non, on en est tous tombé brusquement !
Oui, au moment où ses lèvres, justement, se sont mises à bouger, mais qu’aucun son n’est sorti de sa bouche !
Là, on était en plein paranormal !
Vous imaginez trois minuscules bonhommes sur ses lèvres, et dès qu’elle « parle »… enfin… est censée parler, les trois bonhommes se cassent lamentablement la figure… ?
Et bien c’était exactement ça… une belle description de la scène.

C’était juste… trop bizarre…
Vu comme sa bouche avait bougé, on pouvait soupçonner sans aucun doute qu’elle était habituée à parler… Je veux dire par là qu’elle n’était pas muette…
Parce que c’était un signe qui ne trompait pas… elle avait fait ça si naturellement que c’était forcément quelque chose qu’elle savait faire parler…
Et j’avais une « preuve irréfutable »…
Si ! Vous savez ça !
C’est le propre de chaque procès !
Bien utilisée, il y a forcément une preuve du dossier qui est capable de faire la lumière sur toute l’affaire…
Elle peut aussi bien aider l’accusation que la défense, mais une fois que cet atout est tombé, on y voit si clair que les affaires se résolvent en un clin d’œil.
Ma preuve irréfutable, c’était le « onii-san » qu’elle avait prononcé à mon attention dans les champs…
Elle avait bien une voix… plutôt jolie d’ailleurs, d’après ce que j’avais entendu.

Mais là, à la stupeur générale, il n’y avait pas un son dans sa bouche…
Etrange…
Très étrange…
Et puis, ça avait deux incidences néfastes !
D’abord, on allait pas entendre sa charmante voix !
Et ensuite, on en saurait pas plus sur son identité… pour l’instant…
Et merde !
Roh la grosse déception quoi !
En tout cas, on trouvait ça étrange, et, comme pour conforter notre idée, que l’on savait réelle, que sa perte de voix était… stupéfiante et anormale, l’adolescente sembla soudain un peu plus affolée, et elle porta rapidement ses mains à sa gorge…

Je sais pas vraiment si ça me faisait peur ou si je trouvais ça gênant, mais… j’aurais détesté être à sa place, rien que là, j’imaginais ce qu’elle devait ressentir, et je trouvais ça atroce… ne pas pouvoir se faire entendre… communiquer…
Ça devait être horrible !
Bon, en particulier pour moi, qui parlais beaucoup, et beaucoup pour ne rien dire surtout, mais quand même, ne plus pouvoir parler devait avoir quelque chose de dérangeant et d’énervant aussi…

Bon, alors il suffisait de parler, de tenir la conversation, et aussi… aussi de la mettre en confiance en lui montrant qu’elle n’avait pas besoin de parler…
Oué, dit comme ça, ça a l’air simple, pas vrai ?
Donc, je devais faire ça…

Mais déjà, ce serait impossible avec les filles dans la pièce…
Ce serait moins intime, plus dur de la mettre en confiance et de « calmer le jeu »…
Donc… je devais les faire sortir…

Je ne voulais pas leur demander ouvertement de sortir, par respect pour elles, et aussi pour ne pas avoir à faire ça devant l’inconnue, alors je devais utiliser un stratagème…
Alors, voyons voir…
Yoko n’était clairement pas une flèche, et elle ne comprendrait rien, mais heureusement pour moi et mon plan en béton, Blanc-neige avait beaucoup plus de jugeote que la blonde… peut-être avait-elle même songé à la même tactique à adopter que moi…
Je fixais donc furtivement la princesse, qui me comprit immédiatement…
Elle savait reconnaître un regard dès qu’elle le croisait elle, impressionnant !
Illico, la princesse fit un sourire avant de commencer…



« - Bon, je crois que Kou a besoin de nous pour faire à manger Yoko. »
« - Non, t’inquiète, il sait se débrouiller ! » rétorqua la jeune fille, se fichant apparemment du sort de Papa.... Quelle peste !
« - Mais si, il nous appelle ! » reprit alors Blanc-Neige, insistante.
« - …bah je l’entends pas moi… »

La jolie fille aux cheveux blancs s’approcha alors de Yoko, et la saisit par le bras, l’entraînant avec elle en cuisine, alors que leurs voix commençaient à se perdre au loin…

« - Allez, viens là ! »
« - Mais j’entends toujours rien… »
« - Si, tu vas voir… ah Kou, on va vous aider ! »

« - Très gentil, les filles, mais j’y arrivais sans vous ! »
« - Alors dans ce cas je remonte ! »


« - … non, laisse les seuls… »


Enfin, un peu de tranquillité…
Merci Blanc-Neige…
Je me retrouvais donc seul sur le lit, assis aux côtés de cette mystérieuse fille, que je devais détendre, et aider, par tous les moyens…
La détendre et la mettre en confiance, voyons un peu… ?
Instinctivement, je passais mon bras derrière elle, et l’inclinais légèrement vers moi, de sorte à ce qu’elle se retrouve contre mon corps.

Comment ça j’étais trop direct ?!
Non, c’était un geste anodin, j’vous jure !
J’espérais que ça serait en mesure de la rassurer…
Deuxième geste que j’esquissais, de ma seconde main, j’allais saisir délicatement les siennes, toujours posées sur sa gorge, desserrant son étreinte, et tentant de lui insuffler un calme et une sérénité, qui étaient plus ou moins miens.

Sans même m’en rendre compte, je commençais à sourire…
Dans cette proximité soudaine que j’avais provoqué, je retrouvais ma Celestia… à la fois fragile et vulnérable, tendre et douce…
Un être que je voulais ardemment protéger, et que j’aimais d’un amour infini…
Une personne que j’aimais bercer avec cette vieille chanson de notre mère…
Mais je n’étais pas encore d’humeur à pousser la chansonnette… attendez un peu pour le show…

Mais là, dans cette position, elle ne dégageait pas que cette impression de Celestia, mais autre chose également… de plus fort…
Une personnalité bien affirmée… et qui paraissait plus réelle… plus… naturelle…
Je sentais, je ressentais cette personne à mon contact…
Et cette émotion qui me retournait intérieurement la concernait elle aussi, et pas seulement ma sœur… elle qui était là auprès de moi…. Comme réceptacle d’un morceau de Celestia…
Je pense que ce que je trouvais le plus… enivrant et le plus intense à cet instant, c’était l’autre personne… la vraie elle, et pas la Celestia cachée à l’intérieur…

Je me mis à lui caresser lentement les cheveux en souriant, avant de me mettre à parler…
Obtenir sa confiance passait aussi par là…
Je ne l’obtiendrais pas avec quelques gestes et deux, trois sourires…
Non, il fallait aussi s’ouvrir à l’autre… c’est comme ça que ça marchait…
Ainsi, je me lançais soudain, me laissant porter par mes mots…


« - … tu sais, je ne sais pas encore qui tu es… mais… je peux te dire que tu ressembles beaucoup à ma petite sœur… enfin, à l’idée que je me faisais d’elle… » commençais-je alors.


Je soufflais quelques secondes, puis, la fixant de près, je me préparais alors à la suite…
Il fallait aller à l’essentiel, et dire franchement les choses comme elles étaient, mais… tenter de ne pas trop la brusquer non plus…
Bah oui, je ne voulais pas qu’elle s’enfuie non plus…
Je reprenais donc…


« - … et… il y a quelque chose en toi… quelque chose qui me rappelle vraiment Celestia… cette sorte d’aura… je… je ne pense pas que tu sois ma soeur, mais… mais j’ai envie de te connaître, qui que tu sois ! » terminais-je, avec un large sourire.


Elle était toujours légèrement appuyée contre mon corps, et je caressais finement sa douce chevelure soyeuse…
J’étais vraiment bien là…
Celestia, pas Celestia…
A cet instant, les questions volaient en éclats…
C’était juste un grand moment de bien-être, et le reste… le reste importait peu tout à coup…
Il en existe peu des moments comme celui-là vous savez…
Je pense qu’une seule personne a ce pouvoir… celui de vous faire ressentir ce bonheur, cette paix intérieure…
Et la personne diffère pour chaque être humain, évidemment !
Sauf pour certains qui ont cette personne en commun… et là, il y a forcément des malheureux…
Mais d’ordinaire, c’est la personne qui est capable de nous faire le plus de mal qui, paradoxalement, sait nous faire le plus de bien…
Après, tout est question de gestion, c’est tout.



Comment ça je saoule avec mes histoires qui partent en vrille ?!
Je raconte ce que j’ai ressenti juste…
J’étais bien…
Je me sentais incroyablement bien auprès d’elle, et… j’avais envie de la protéger…
C’est idiot je sais, et… honnêtement, je suis incapable de vous dire si je le faisais en mémoire de Celestia… si c’était parce que je la voyais comme telle, ou si je le faisais parce que je le ressentais comme ça pour… elle… elle, c’est le seul nom qu’elle avait dans ma tête à ce moment là…
Mais ce n’est qu’un nom après tout…
Le bonheur par contre était bien présent, quel que soit son appellation…

J’étais donc là, la regardant en souriant et appréciant son contact…qui me paraissait chaud, profitant de la plénitude de cet instant, et attendant, sans précipitation, la suite des évènements…

A ce moment là, je ne soupçonnais rien de tout ce qui m’attendait… ou plutôt… nous attendait…

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